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Les amis du néerlandais - Vrienden van het Nederlands

In memoriam Laurent Philippe Réguer (1960-2012)

25 Septembre 2012 , Rédigé par Les amis du néerlandais - Vrienden van het Nederlands Publié dans #apprentissage

In memoriam Laurent Philippe Réguer (1960-2012)

Laurent Philippe RÉGUER, maître de conférences au département d'Études Germaniques, enseignant d'allemand, de néerlandais et d'afrikaans, mais aussi inspecteur général de l’enseignement du néerlandais auprès de l’Éducation nationale. nous a quittés le 20 septembre 2012.

Laurent Philippe était né dans le Finistère (Bretagne), mais avait un faible pour les Pays-Bas et la culture de langue néerlandaise en général. Il enseigna d'abord le néerlandais au sein du très réputé Lycée international de Saint-Germain-en-Laye. Mais sa qualité d'éminent néerlandiste l'amena rapidement à l'Université Sorbonne Nouvelle 3, où il fut attaché comme maître de conférences au département d’études germaniques. C'est notamment à son instigation que fut créée à l'Université Sorbonne Nouvelle 3 une chaire d'afrikaans. Laurent fut en même temps Inspecteur général de l’enseignement du néerlandais auprès de l’Éducation nationale.

Le nom de Laurent Philippe Réguer apparaît en tête de maintes publications. Il est co-auteur avec Dorien Kouijzer de l'ouvrage “Le néerlandais d’aujourd’hui en 90 leçons et en 90 jours” (Le Livre de poche), dont une analyse parue dans “Septentrion” peut être lue ici. Après “Le néerlandais d’aujourd’hui en 90 leçons et en 90 jours” parut “Néerlandais pratique de base” (avec le concours de Philippe Noble et Dorien Kouijzer). Avec Claran Wielenga, il a publié “Nederlandse verhalen” (Nouvelles néerlandaises, également au Livre de poche).

Dans “Si loin, si proche.... Une langue européenne à découvrir : le néerlandais", Laurent Philippe présentait l'histoire du néerlandais. Dans ce livre, édité par les Publications de l’Institut allemand de la Sorbonne Nouvelle, il plaidait pour une utilisation conséquente du terme “néerlandais” (en lieu et place du méli-mélo qui continue encore souvent d'avoir cours dans le monde francophone entre néerlandais, flamand et hollandais).

Laurent Philippe a signé pour “Septentrion” plusieurs articles, entre autres sur l'appellation de la langue néerlandaise (à découvrir ici), sur le néerlandais dans les établissements d'enseignement secondaire dans le nord de la France, sur l'afrikaans et sur Haarlem, la ville néerlandaise qui lui tenait tellement à cœur.

Laurent Philippe était gravement malade depuis quelque temps, mais la nouvelle de son décès a surpris tout le monde. La rédaction de “Septentrion” adresse à la famille de Laurent ainsi qu'à ses amis et connaissances ses condoléances les plus émues.

Lire aussi l'hommage rendu par le département d'Etudes Germaniques de l'Université Paris 3 http://www.univ-paris3.fr/deces-de-laurent-reguer-180140.kjsp

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"Tussentaal" ou ABN ?

6 Septembre 2012 , Rédigé par Les amis du néerlandais - Vrienden van het Nederlands Publié dans #nederlandse taal

"Tussentaal" ou ABN ?

Les profs et les instituteurs flamands pourront-ils bientôt donner cours dans un néerlandais qu’on pourrait qualifier de compromis entre le néerlandais officiel, l’ABN (Algemeen Beschaafd Nederlands), et le langage populaire régional ? En Flandre, la rentrée scolaire a été marquée par un vif débat sur le "tussentaal" (le langage intermédiaire).

Certains préfèrent parler de "verkavelingsvlaams" (le flamand de parcellisation), un terme inventé par l’écrivain Geert Van Istendael et repris dans le "dikke Van Dale", le dictionnaire officiel de la langue néerlandaise.

Trois linguistes de l’université d’Anvers viennent de publier un livre qui contient un plaidoyer pour la tolérance du néerlandais intermédiaire dans les classes. Kevin Absillis, Jürgen Jaspers et Sarah Van Hoof constatent que le néerlandais intermédiaire est omniprésent en Flandre, non seulement dans les séries populaires à la télévision, mais partout dans la vie quotidienne et professionnelle, même derrière les guichets des services communaux, et donc aussi dans l’enseignement. "C’est le langage informel des conversations quotidiennes de la grande majorité des Flamands."

Quand on regarde la réalité en face, il faut admettre qu’en Flandre, l’usage strict de l’ABN semble effectivement réduit aux milieux officiels comme l’hémicycle du Parlement flamand et aux journaux parlés ou télévisés. Pourtant, dans sa note politique, le ministre de l’Enseignement Pascal Smet prétend que la connaissance du néerlandais officiel est une condition sine qua non pour pouvoir vivre et travailler en Flandre. On y pose donc aux nouveaux venus des exigences qui ne sont pas remplies par la majorité des Flamands. Beaucoup d’entre eux diront "Wat is da ?" au lieu de "Wat is dat ?" (Qu’est-ce que c’est ?). Et ceci n’est qu’un exemple des centaines de cas du laisser-aller linguistique.

Connaissant la politique linguistique de la Flandre, on comprend que le sujet soit sensible et controversé. On comprend aussi les soucis de pas mal de responsables de l’enseignement, qui constatent qu’au sein des familles immigrées, les enfants n’utilisent pas le néerlandais et sont, à cause de cela, fortement handicapés dans leur formation scolaire. Pour certains, c’est un désavantage qui génère frustration et sentiment d’infériorité et qui freine le développement normal de ces enfants. En admettant le néerlandais "de la rue", on faciliterait l’intégration de ces enfants dans le contexte scolaire, ce qui leur permettrait d’obtenir de meilleurs résultats. Toutefois, on peut aussi supposer que cette approche va éternellement handicaper ces enfants dans leur ascension sociale, parce qu’ils n’apprendront jamais un néerlandais correct.

S’il ne faut pas stigmatiser les gens qui ne maîtrisent pas parfaitement la langue de Vondel, il ne faut pas non plus tomber dans l’abandon du principe d’une langue standardisée. Le laisser-aller ne va d’ailleurs pas mener à un seul néerlandais dit "intermédiaire". Il y en aura une version anversoise, une limbourgeoise, une gantoise, etc. En plus, on ne peut pas écrire le néerlandais intermédiaire : les exemples dans les journaux flamands des derniers jours avaient un aspect tragi-comique. Geert Van Istendael a même écrit une lettre ouverte dans sa version personnelle du "verkavelingsvlaams". Le résultat est hilarant.

Tout ce débat mène à une question à laquelle personne ne connaît la réponse : comment expliquer l’incohérence des Flamands qui - après 200 années de lutte linguistique - s’expriment toujours dans un néerlandais approximatif et revendiquent en même temps que les autres apprennent leur langue ?

Jan DE TROYER

Chroniqueur

Source : La Libre Belgique / Chronique Vue de Flandre

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